Syndrome obésité-hypoventilation

Le syndrome obésité-hypoventilation (ou hypoventilation alvéolaire des obèses) est l’appellation actuelle de l’ancien « syndrome de Pickwick ». Le syndrome obésité hypoventilation (SOH) est défini par l’existence d’une hypoventilation alvéolaire chronique (PaO2 < 70 mmHg, PaCO2 ≥ 45 mmHg), chez des patients obèses, ayant un index de masse corporelle > 30 kg/m2, et ne présentant pas d’affection respiratoire associée susceptible d’expliquer les perturbations gazométriques.

État des connaissances

La grande majorité des obèses, et même des obèses sévères (> 40 kg/m2) n’est pas hypercapnique. Trois causes principales, pouvant d’ailleurs être associées, expliquent l’hypoventilation alvéolaire des obèses : les contraintes mécaniques (coût excessif du travail respiratoire et faiblesse des muscles respiratoires) ; le dysfonctionnement des centres respiratoires (hyposensibilité au stimulus hypercapnique) ; la répétition des apnées obstructives présentes chez certains malades SOH. On a incriminé récemment le rôle de la leptine, hormone produite par les adipocytes. La prévalence du SOH a nettement augmenté au cours des dernières années, sans doute du fait de « l’épidémie » d’obésité qui frappe les pays occidentaux. Le SOH concerne généralement des sujets de plus de 50 ans. La maladie, négligée jusque-là, est souvent révélée par un épisode d’insuffisance respiratoire sévère. Les comorbidités associées, favorisées par l’obésité, sont fréquentes : diabète, hypertension artérielle, cardiopathies.

Perspectives

Il ne faut pas confondre syndrome obésité- hypoventilation et syndrome d’apnées obstructives du sommeil, même si les deux affections sont souvent associées. Les apnées obstructives peuvent être absentes chez certains patients SOH (20 % des patients dans notre expérience) et, à l’inverse, l’obésité n’est pas observée chez un certain nombre de patients présentant un syndrome d’apnées.

Conclusion

Le traitement « idéal » du SOH est la perte de poids, mais elle est très difficile à obtenir. La ventilation nocturne (pression positive continue et surtout ventilation non invasive) est actuellement le traitement de référence et permet d’obtenir d’excellents résultats sur les symptômes et les gaz du sang artériel à court et long termes.

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