SAOS et rhonchopathie. À propos de 79 cas

Introduction

La rhonchopathie représente la principale indication de réalisation d’une polygraphie ventilatoire afin de confirmer ou d’exclure un SAOS associé.

Méthodes

Une étude rétrospective sur 3 ans (2014–2016) de 79 patients hospitalisés pour rhonchopathie avec suspicion de SAOS chez qui nous avons réalisé une polygraphie ventilatoire ou une polysomnographie.

Résultats

Soixante-dix-neuf patients ont été colligés, avec une prédominance féminine (63 %), et un âge moyen de 43 ans avec des extrêmes allant de 15 à 80 ans. Le délai de consultation moyen est de 5 ans. L’indication principale est représentée par la rhonchopathie isolée dans 53 % des cas (40 cas), suivie des services référents de cardiologie (17 cas), d’endocrinologie (11 cas), d’ORL (8 cas) et de neurologie (1 cas). L’antécédent d’hypertension artérielle est retrouvé dans 39 % des cas, le diabète dans 16 %, un asthme ou BPCO dans 8 %, un tabagisme actif dans 8 %, et une dépression dans 3 cas. Les symptômes diurnes étaient dominés par la somnolence diurne et la fatigabilité matinale (67 %), les troubles cognitifs (35 %), les céphalées matinales (34 %), l’irritabilité (25 %) et les troubles de la libido (4 %). Pour les symptômes nocturnes, le ronflement est retrouvé chez tous les patients, avec des pauses respiratoires dans 66 % des cas et des troubles mictionnels dans 39 % des cas. L’obésité est retrouvée dans 51 % des cas, avec une prédominance féminine (60 % des femmes sont obèses versus 31 % des hommes). L’examen ORL note principalement une hypertrophie amygdalienne (6 cas), une déviation de la cloison nasale (6 cas), une macroglossie (5 cas), un voile du palais allongé (3 cas), un rétrognathisme (1 cas) et une micromandibulie (1 cas). Une tétraplégie flasque a été notée dans un cas d’atteinte par SLA. Le SAOS a été confirmé chez 63 cas, soit 80 % des patients ronfleurs avec légère prédominance masculine (83 % des hommes versus 78 % des femmes). Un traitement hygiéno-diététique a été indiqué dans tous les cas de SAOS léger à modéré (40 cas). Un traitement par PPC a été indiqué chez tous les cas de SAOS sévère (23 cas). Un traitement chirurgical d’une pathologie ORL sous jacente a été proposé dans 7 cas. Les autres patients ronfleurs chez qui nous n’avons pas confirmé le SAOS ont été réorientés vers leur médecin traitant d’origine.

Conclusion

Il ressort de cette étude que le ronflement est un signe sensible mais non spécifique du SAOS. Néanmoins ceci ne devrait pas freiner le dépistage de cette pathologie qui demeure un véritable problème de santé publique dans le monde.

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