Apnée du sommeil : la maladie des routiers ?

D’après une nouvelle étude italienne, de nombreux conducteurs de camion seraient atteints d’apnée obstructive du sommeil sans le savoir, ce qui peut s’avérer très dangereux. L’association ayant mené l’étude réclame que les entreprises de transports routiers soumettent leurs conducteurs à un test de dépistage. 

Un chauffeur endormi au volant

L’apnée obstructive du sommeil (AOS), qui concerne 6 à 17% de la population, consiste en des arrêts involontaires de la respiration pendant la nuit car l’air ne passe plus normalement dans les poumons. Ces pauses durent plus de 10 secondes (elles peuvent atteindre jusqu’à 30 secondes) et se produisent plusieurs fois par nuit à une fréquence variable. Dans les cas graves, il arrive qu’elles surviennent jusqu’à plus de trente fois par heure. Elles peuvent alors se traduire par une fatigue au réveil, des maux de tête et une somnolence dans la journée. A terme, cette affliction peut entraîner des maladies cardiovasculaires, du diabète, des dépressions ou encore des complications lors d’opérations sous anesthésie générale. Par ailleurs, des études ont montré qu’une personne privée de sommeil à cause de cette maladie a 12 fois plus de risque d’être victime d’un accident de la route, faute de vigilance. C’est pourquoi, l’Union européenne a mis en place une directive pour limiter les risques d’accidents liés à l’AOS : les conducteurs atteints de cette maladie sous forme modérée ou grave doivent consulter un médecin avant que leur permis ne soit délivré ou renouvelé. On peut par ailleurs leur conseiller de ne pas conduire tant que le diagnostic n’a pas été confirmé et que des mesures médicales n’ont pas été prises. Cependant, à l’heure actuelle, de nombreuses personnes ignorent souffrir de cette maladie (en France, selon une étude, six personnes atteintes sur dix ne se soignent pas) et c’est notamment le cas de beaucoup de chauffeurs routiers. D’après une enquête italienne menée sur 905 camionneurs et présentée ce lundi 30 septembre au Congrès international de l’European Respiratory Society, la moitié d’entre eux souffrirait au moins d’un problème respiratoire lié au sommeil pouvant potentiellement les endormir au volant. Ils étaient par ailleurs nombreux à l’ignorer avant l’étude. Par conséquent, l’association italienne des patients souffrant d’apnée du sommeil réclame désormais à ce que les transporteurs routiers soumettent leurs conducteurs à un test de dépistage pour repérer d’éventuels problèmes respiratoires liés au sommeil.

L’association en est arrivée à ces conclusions après avoir mené une enquête sur la santé des conducteurs à la demande de Federtrasporti, une coopérative italienne de chauffeurs de camion. Pendant 44 jours, des patients experts bénévoles, des médecins et des infirmières ont suivi des chauffeurs dans des entreprises de transport appartenant à Federtrasporti. Ils ont mesuré leur taille, leur poids, leur tour de taille et se sont informés sur leurs conditions médicales ainsi que sur des facteurs liés au mode de vie comme la consommation de cigarette ou de drogue. Ils les ont également interrogés sur la durée de leurs trajets, les distances parcourues, le type de marchandise transportée et de voie empruntée. Et ils leur ont bien sûr posé des questions sur leur sommeil. Parmi elles : « Ronflez-vous? » , « Etes-vous insatisfaits de la façon dont vous avez dormi ? », « Vous réveillez-vous souvent avec un besoin urgent d’uriner ? » ou encore « Ressentez-vous fréquemment le désir ou le besoin de dormir pendant la journée (sauf après le déjeuner) ? ».

De la responsabilité « morale et civique » des entreprises

Résultats : près de 10% des conducteurs (90) ont déclaré que leur partenaire avait remarqué qu’ils s’arrêtaient parfois de respirer lors de leur sommeil. Par ailleurs, 55% avaient pour habitude de ronfler (508) et 43% (387) ont répondu « oui » à au moins deux des questions sur le sommeil et sont donc à risque d’AOS. Qui plus est, 17% des personnes interrogées souffraient d’hypertension et 6% de diabète. Et sur les 508 ronfleurs habituels, 15% (78 conducteurs) souffraient également d’AOS, ont remarqué les chercheurs. Ainsi, la proportion de conducteurs souffrant de ce trouble serait bien plus importante que les 10% au courant de leur condition. Autre observation intéressante : 35 % des ronfleurs habituels se disent insatisfaits de leur sommeil et 21 % se plaignent de somnolence pendant la journée. Enfin, les chercheurs ont également constaté que le nombre de ronfleurs augmentait avec l’âge.

« Cette étude d’observation a souligné la prévalence élevée de l’apnée obstructive du sommeil chez les conducteurs de camions, qui est supérieure à la prévalence dans la population générale. Ceci est dû à un mode de vie qui oblige les conducteurs à s’asseoir plusieurs heures par jour, avec peu d’activité physique et une mauvaise alimentation, ce qui augmente le risque de somnolence diurne excessive et de somnolence inattendue au volant », explique M. Luca Roberti, président de l’association. En effet, le surpoids fait notamment partie des facteurs de risques pour développer l’AOS.

« Considérant que les conducteurs sont responsables de véhicules de transport de plusieurs tonnes, les entreprises ont une grande responsabilité morale et civique pour s’assurer que leurs employés peuvent conduire en toute sécurité et qu’ils ne risquent pas de s’endormir soudainement au volant. Cela serait également conforme à la législation de l’Union européenne qui réglemente le renouvellement des permis de conduire des personnes souffrant d’apnée obstructive du sommeil », déclare donc Roberti. Et de conclure: « Les entreprises de transport devraient obliger leurs conducteurs à se soumettre à des examens pour diagnostiquer tout problème respiratoire lié au sommeil, et elles et leurs conducteurs devraient accorder une attention particulière à l’alimentation de ces derniers » .

Les camionneurs « pourraient avoir une prévalence plus élevée d’apnée obstructive du sommeil »

Désormais, les chercheurs veulent étudier le débit respiratoire, les niveaux d’oxygène dans le sang, le ronflement et la position pendant la nuit de 5 % des 905 conducteurs de la première étude. Pour ce faire, ils ont attaché des dispositifs à ces derniers. Les résultats seront utilisés pour vérifier l’exactitude de ceux obtenus à partir des questionnaires.

« Cette étude fournit des données intéressantes sur les troubles respiratoires du sommeil chez les conducteurs de camions et suggère que, en tant que groupe, ils pourraient avoir une prévalence plus élevée d’apnée obstructive du sommeil que la population générale. Cependant, nous pouvons traiter et améliorer l’AOS ; des mesures comme arrêter de fumer, perdre du poids et être plus actif physiquement peuvent aider à améliorer la condition, ce qui peut contribuer à réduire le risque d’accidents de la route dus à la somnolence des conducteurs (…) Pour les cas plus graves d’AOS, des traitements efficaces comme une pression positive continue dans les voies respiratoires peuvent être fournis. Cela aide les personnes atteintes d’AOS à respirer plus facilement la nuit, ce qui peut améliorer la qualité de vie des patients et permettrait également de réduire la somnolence au volant », commente le Professeur Anita Simonds, consultante en médecine respiratoire et du sommeil à la Royal Brompton and Harefield NHS Foundation Trust (Royaume-Uni) et vice-présidente de l’European Respiratory Society, extérieure à l’étude, en réaction à cette dernière.

En France, un accident mortel de la route sur 3 est dû à la somnolence sur les autoroutes, selon une étude IFOP parue l’été dernier. Cela en fait la première cause de décès sur ces axes (26%) au cours des cinq années précédant le rapport. Tous les ans dans l’Hexagone, 90 000 accidents sont dus à la somnolence.

SAOS et rhonchopathie. À propos de 79 cas

Introduction

La rhonchopathie représente la principale indication de réalisation d’une polygraphie ventilatoire afin de confirmer ou d’exclure un SAOS associé.

Méthodes

Une étude rétrospective sur 3 ans (2014–2016) de 79 patients hospitalisés pour rhonchopathie avec suspicion de SAOS chez qui nous avons réalisé une polygraphie ventilatoire ou une polysomnographie.

Résultats

Soixante-dix-neuf patients ont été colligés, avec une prédominance féminine (63 %), et un âge moyen de 43 ans avec des extrêmes allant de 15 à 80 ans. Le délai de consultation moyen est de 5 ans. L’indication principale est représentée par la rhonchopathie isolée dans 53 % des cas (40 cas), suivie des services référents de cardiologie (17 cas), d’endocrinologie (11 cas), d’ORL (8 cas) et de neurologie (1 cas). L’antécédent d’hypertension artérielle est retrouvé dans 39 % des cas, le diabète dans 16 %, un asthme ou BPCO dans 8 %, un tabagisme actif dans 8 %, et une dépression dans 3 cas. Les symptômes diurnes étaient dominés par la somnolence diurne et la fatigabilité matinale (67 %), les troubles cognitifs (35 %), les céphalées matinales (34 %), l’irritabilité (25 %) et les troubles de la libido (4 %). Pour les symptômes nocturnes, le ronflement est retrouvé chez tous les patients, avec des pauses respiratoires dans 66 % des cas et des troubles mictionnels dans 39 % des cas. L’obésité est retrouvée dans 51 % des cas, avec une prédominance féminine (60 % des femmes sont obèses versus 31 % des hommes). L’examen ORL note principalement une hypertrophie amygdalienne (6 cas), une déviation de la cloison nasale (6 cas), une macroglossie (5 cas), un voile du palais allongé (3 cas), un rétrognathisme (1 cas) et une micromandibulie (1 cas). Une tétraplégie flasque a été notée dans un cas d’atteinte par SLA. Le SAOS a été confirmé chez 63 cas, soit 80 % des patients ronfleurs avec légère prédominance masculine (83 % des hommes versus 78 % des femmes). Un traitement hygiéno-diététique a été indiqué dans tous les cas de SAOS léger à modéré (40 cas). Un traitement par PPC a été indiqué chez tous les cas de SAOS sévère (23 cas). Un traitement chirurgical d’une pathologie ORL sous jacente a été proposé dans 7 cas. Les autres patients ronfleurs chez qui nous n’avons pas confirmé le SAOS ont été réorientés vers leur médecin traitant d’origine.

Conclusion

Il ressort de cette étude que le ronflement est un signe sensible mais non spécifique du SAOS. Néanmoins ceci ne devrait pas freiner le dépistage de cette pathologie qui demeure un véritable problème de santé publique dans le monde.

La Polygraphie Respiratoire

Polygraphie respiratoire

Nous vous enseignons comment fonctionne le dispositif pour l’utilisation à la maison.

La polygraphie respiratoire ou polysomnographie respiratoire simplifiée 7 canaux pour le dépistage de l’apnée du sommeil est souvent plus accessible. Ce test se fait à domicile avec instructions d’un thérapeute spécialiste du sommeil. L’enregistrement permettra de mettre en relation les anomalies du coeur et de la respiration (cardio-respiratoire) dans le sommeil.

Indication de l’examen

Cet examen est pour découvrir s’il y a présence d’apnée du sommeil seulement, si une personne arrête de respirer ou non dans son sommeil et à quelle fréquence le phénomène survient. Une seule nuit suffit pour permettre un diagnostic et déterminer un traitement.

Qu’est-ce qui est étudié lors de l’examen

Les 7 canaux étudiés

  • L’oxygène dans le sang
  • Le pouls
  • L’entrée d’air aux poumons
  • Les mouvements thoraciques
  • Les mouvements abdominaux
  • Le son (ronflement)
  • La position dans le lit.
  • Et par calcul les micro-éveils

Après la réalisation du test, nous analyserons les données et une fois complété, une copie vous sera transmise à vous, ainsi qu’une copie à votre médecin.