Intérêts et modalités pratiques de mise en route d’une oxygénothérapie

Résumé

Introduction

La mise en œuvre d’une oxygénothérapie lors de la prise en charge d’une insuffisance respiratoire aiguë ou d’une insuffisance respiratoire chronique est un acte médical banal, tout au moins dans les services hospitaliers et les services d’urgences pré-hospitaliers. De même, l’oxygène est utilisé de manière quasi-systématique par des intervenants paramédicaux, en dehors de toute prescription médicale initiale, dans le cadre de pathologies susceptibles de mettre en jeu le pronostic vital.

État des Connaissances/Perspectives

Cette mise en route fréquente d’une oxygénothérapie doit toutefois respecter les règles entourant la prescription d’un médicament, dont elle a le statut. Des règles de prescription sont codifiées dans deux situations cliniques précises : l’hypoxie et l’hypoxémie aiguës et chroniques. Il convient pour le praticien d’identifier les signes cliniques en faveur d’une hypoxie avérée et les situations pouvant conduire à une potentielle hypoxémie, afin d’éviter des complications telles que l’arrêt cardiaque hypoxique. De même, le médecin doit être capable de prévenir les complications de l’oxygénothérapie, que celle-ci soit fréquente (comme la survenue ou l’aggravation d’une hypercapnie), ou plus rare (comme la contamination bactérienne des dispositifs d’humidification).

Conclusion

Savoir manier l’oxygène revient donc à en connaître les indications, les complications et effets secondaires, ainsi que les modalités pratiques d’administration.

Oxygénothérapie de longue durée : survie à 1 an, facteurs prédictifs de mortalité

Résumé

Objectifs

Évaluer la survie après 1 an d’une oxygénothérapie de longue durée (OLD), rechercher des facteurs prédictifs de mortalité à 1 an, évaluer l’impact de l’OLD sur la fréquence d’hospitalisation pour exacerbation de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Méthodes

Nous réalisons une analyse rétrospective de 416 patients avec une OLD débutée entre 2012 et 2014. Les courbes de survie sont estimées par la méthode de Kaplan–Meier, des modèles de régression des risques proportionnels de Cox sont utilisés pour modéliser l’impact des variables sur la survie des patients et l’évolution des patients hospitalisés pour exacerbation est analysée par le test de McNemar.

Résultats

L’âge moyen est de 70 ans. La population comporte 57 % de femmes et 78 % de BPCO. La survie à 1 an (n = 416) sous OLD est de 75 %. Les facteurs prédictifs de mortalité identifiés sont l’insuffisance coronarienne (HR [IC95 %] : 1,8 [1,2–2,8] ; p = 0,0083), l’altération de la fraction d’éjection du ventricule gauche (HR [IC95 %] : 2,5 [1,3–4,9] ; p = 0,0080) et l’existence d’une ostéoporose (HR [IC95 %] : 1,7 [1,0–2,9] ; p = 0,040). L’instauration de l’OLD est associée à une diminution de 28 % de la fréquence d’hospitalisation pour exacerbation de BPCO (n = 171).

Conclusions

La mortalité à 1 an sous OLD est de 25 %. Les facteurs prédictifs de décès identifiés à 1 an sont l’insuffisance coronarienne, l’altération de la fraction d’éjection du ventricule gauche et l’existence d’une ostéoporose.

L’OLD semble participer à une réduction de la fréquence d’hospitalisation pour exacerbation de BPCO.